Sept erreurs qui font échouer une recherche de financement en Afrique

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La plupart des projets qui ne trouvent pas d'argent ne sont pas de mauvais projets. Ce sont des bons projets présentés au mauvais moment, au mauvais financeur, avec le mauvais chiffre.

C'est une nuance qui change tout, parce qu'elle veut dire que le problème se corrige. Voici les sept erreurs qui reviennent le plus souvent, et ce qu'il faut faire à la place.

Pourquoi de bons projets restent sans financement

L'erreur de fond est presque toujours la même : on traite la recherche de financement comme une formalité administrative qui vient après le travail, alors que c'est un métier à part entière.

On perfectionne le produit, on refait le plan, on ajoute une fonctionnalité. Pendant ce temps, la question à laquelle un financeur veut une réponse reste sans réponse : pourquoi vous, pourquoi maintenant, et que se passe-t-il si personne ne vous finance ?

Un financeur ne cherche pas le meilleur projet du monde. Il cherche le projet qui correspond à ce qu'il a le mandat de financer, qui est prêt à recevoir de l'argent, et dont il comprend en trois minutes à quoi servira le sien.

Erreur 1 : chercher de l'argent avant d'avoir parlé à un financeur

Beaucoup de porteurs passent des mois à préparer un dossier avant leur premier échange avec quelqu'un qui finance. C'est confortable, parce que rédiger donne le sentiment d'avancer. C'est aussi la meilleure façon de découvrir trop tard que votre secteur n'entre pas dans le mandat de l'organisation visée.

Les critères d'un programme ne sont pas un détail administratif. Ils sont le programme. Un fonds qui soutient l'agriculture au Sahel ne financera pas une application de livraison à Lagos, quelle que soit la qualité du dossier.

Ce qu'il faut faire à la place

  • Repérer trois à cinq programmes avant d'écrire quoi que ce soit.
  • Lire leurs critères d'éligibilité en entier, pas leur page d'accueil.
  • Écrire à un ancien lauréat. La plupart répondent, et ce qu'ils racontent ne figure dans aucun appel à candidatures.

Erreur 2 : postuler partout au lieu de cibler

Envoyer le même dossier à trente programmes semble augmenter les chances. En pratique, c'est l'inverse : trente candidatures génériques valent moins que trois candidatures qui répondent précisément à ce que le financeur demande.

Un jury lit vite. Il repère en une page si le dossier a été écrit pour lui ou recyclé. Un dossier recyclé se reconnaît à ce qu'il ne cite jamais le programme, ses priorités, ni ses lauréats précédents.

Le signe que votre cible est trop large

Si vous ne pouvez pas expliquer en une phrase pourquoi ce financeur précis devrait vous choisir plutôt qu'un autre candidat, la cible est trop large. Ce n'est pas un problème de rédaction, c'est un problème de sélection.

Erreur 3 : confondre les partages et les contributions

Une publication qui circule beaucoup rassure. Elle ne finance rien.

C'est l'erreur la plus coûteuse en énergie, parce qu'elle produit une sensation de progrès qui ressemble à s'y méprendre à du progrès. On compte les vues, les partages, les messages d'encouragement. On ne compte pas ce qui décide : combien de personnes ont mis de l'argent, et combien parmi celles qui ont vu.

Ce qu'il faut mesurer

Trois chiffres suffisent, et aucun n'est le nombre de vues :

  1. Combien de personnes ont ouvert la page de votre projet.
  2. Combien ont contribué.
  3. Quel montant moyen.

Le rapport entre les deux premiers est votre taux de conversion. S'il est très bas alors que le trafic est élevé, le problème n'est pas la visibilité, c'est la page.

Erreur 4 : lancer une collecte sans avoir mobilisé son premier cercle

Une campagne de financement participatif qui démarre à zéro reste à zéro. Ce n'est pas une malédiction, c'est un effet de preuve sociale parfaitement documenté : un visiteur qui découvre une collecte à 2 % se demande pourquoi personne n'y croit.

Les campagnes qui aboutissent ont presque toutes atteint entre 20 et 30 % de leur objectif dans les premiers jours, grâce à des personnes déjà convaincues avant l'ouverture.

Une approche plus saine

Avant d'ouvrir, constituez une liste nominative de personnes qui contribueront le premier jour. Pas une estimation, une liste de noms. Si cette liste ne couvre pas le quart de l'objectif, l'objectif est trop haut ou la campagne est trop tôt.

Erreur 5 : demander un montant qui ne correspond à rien

Un montant rond et confortable, sans justification ligne à ligne, envoie un signal désastreux : celui de quelqu'un qui ne sait pas ce que coûte son propre projet.

Un financeur ne juge pas le montant, il juge le raisonnement qui y mène. « 15 000 euros » ne dit rien. « 15 000 euros dont 9 200 de matériel, 3 400 de six mois de salaire pour un technicien et 2 400 de certification » dit que vous avez fait le travail.

Vérifiez aussi que votre besoin entre dans la fourchette du programme. Demander 50 000 à un fonds qui plafonne à 20 000 fait rejeter le dossier sans qu'il soit lu.

Erreur 6 : négliger ce qui rassure

À projet égal, le financement va à celui qui inspire le plus confiance. Et la confiance ne se déclare pas, elle se prouve.

Ce qui rassure un financeur est souvent modeste et concret : une identité vérifiée, des comptes tenus, des jalons datés, une trace de ce qui a déjà été fait avec les moyens du bord. Un projet qui montre trois mois d'historique réel vaut mieux qu'un projet qui promet trois ans.

À l'inverse, ce qui inquiète est rarement dit à voix haute : une équipe anonyme, un budget sans détail, une adresse de contact qui ne répond pas.

Erreur 7 : payer de la publicité trop tôt

Acheter de la visibilité avant d'avoir prouvé que votre page convertit revient à remplir un seau percé. Vous paierez pour amener des gens sur une page qui ne les convainc pas, et vous conclurez que la publicité ne marche pas.

L'ordre qui fonctionne est l'inverse : d'abord une page qui transforme les visiteurs venus gratuitement, ensuite seulement de l'argent pour en amener davantage. Tant que le taux de conversion n'est pas connu, chaque euro dépensé achète une information que vous auriez pu obtenir sans payer.

Par où reprendre si vous vous reconnaissez

Il n'y a pas de mystère : reprendre dans l'ordre.

  1. Choisir la bonne voie. La collecte n'est qu'une des huit façons de financer un projet, et rarement la première. À montant égal, une subvention ne se rembourse pas et ne dilue rien.
  2. Cibler trois programmes dont vous remplissez réellement les critères.
  3. Chiffrer le besoin ligne à ligne.
  4. Constituer le premier cercle avant toute ouverture publique.
  5. Mesurer les contributions, pas les partages.

Notre annuaire des opportunités de financement recense les programmes ouverts aux porteurs de projets africains, et cinq questions suffisent à savoir lesquels correspondent à votre profil. Nos guides pays détaillent le cadre légal et les moyens de paiement, marché par marché.

Questions fréquentes

Combien de temps faut-il pour obtenir un financement en Afrique ?

Comptez trois à six mois entre la première candidature et le versement pour une subvention, et six semaines à trois mois pour une campagne de financement participatif préparée. Les délais s'allongent surtout à cause des allers-retours administratifs, pas de la décision elle-même.

Faut-il une entreprise enregistrée pour chercher un financement ?

Cela dépend de la voie. La plupart des subventions et des concours l'exigent, ainsi que les prêts d'institutions de développement. Le financement participatif en dons est le plus souvent ouvert aux personnes physiques, ce qui en fait une porte d'entrée quand la structure juridique n'existe pas encore.

Pourquoi mon projet est-il refusé sans explication ?

Parce que la majorité des programmes reçoivent des centaines de dossiers et ne motivent pas leurs refus. Dans les faits, la cause est presque toujours une des trois mêmes : un critère d'éligibilité non rempli, un budget non justifié, ou un dossier écrit pour personne en particulier.

Vaut-il mieux une subvention ou une collecte ?

Une subvention quand vous y êtes éligible, sans hésiter : elle ne se rembourse pas et ne dilue pas votre capital. La collecte a d'autres vertus, notamment de prouver qu'un public existe, ce qui devient un argument pour les financeurs suivants. Les deux se combinent très bien dans cet ordre.

Peut-on chercher un financement sans réseau ?

Oui, mais pas sans premier cercle. Le réseau professionnel n'est pas indispensable ; les vingt personnes qui vous connaissent et croient à votre projet, si. C'est la différence entre une campagne qui démarre et une campagne qui reste à zéro.